7.4. Performances de stockage et réglage

7.4.1. Recommandations relatives au redimensionnement des serveurs de stockage Sun ZFS
7.4.2. A propos des caches de stockage ZFS
7.4.3. Gestion du journal ZIL sur les plates-formes Oracle Solaris
7.4.4. Paramètres globaux d'Oracle VDI s'appliquant au stockage
7.4.5. A propos de l'alignement des blocs

7.4.1. Recommandations relatives au redimensionnement des serveurs de stockage Sun ZFS

La configuration de disque recommandée est RAID 10 (des jeux mis en miroir dans un jeu entrelacé), ZFS entrelaçant les données automatiquement entre plusieurs jeux. Cette configuration est appelée "mise en miroir" par Sun 7000 Series. Bien que cette configuration utilise 50 % de la capacité disponible du disque pour assurer la redondance, elle est plus rapide que RAID 5 pour les petites lectures/écritures aléatoires fréquentes, qui est le type d'accès caractéristique d'iSCSI.

Les serveurs de stockage fournissent les disques virtuels auxquels Oracle VM VirtualBox accède via iSCSI. Comme iSCSI est un protocole qui consomme beaucoup de CPU, le nombre de coeurs du serveur de stockage est un facteur décisif pour ses performances. Les autres facteurs importants sont la taille de la mémoire (cache), le nombre de disques et la bande passante réseau disponible.

La bande passante réseau est très volatile et est définie par le rapport entre les bureaux qui démarrent (bande passante réseau en période de pointe) et les bureaux qui ont mis en cache les applications en cours d'utilisation (bande passante réseau moyenne). Le démarrage d'une machine virtuelle (bureau XP) entraîne une charge réseau de 150 Mo qui doit être satisfaite en 30 secondes environ. Si plusieurs bureaux sont lancés en même temps, la bande passante réseau requise peut dépasser 1 Gb/s si les CPU du stockage peuvent gérer la charge engendrée par le trafic iSCSI. Cette situation est courante pour les sociétés fonctionnant par rotation des équipes. Dans ce cas, définissez l'option Pool, Clonage ou Etat de la machine sur En fonctionnement, ce qui permet de conserver les bureaux actifs et ainsi de découpler le démarrage du système d'exploitation lorsqu'un utilisateur se connecte. Vous pouvez également joindre plusieurs interfaces pour fournir une bande passante supérieure à 1 Go/s via une adresse IP. Vous pouvez par ailleurs utiliser des trames Jumbo afin d'accélérer les connexions iSCSI. Les trames Jumbo doivent être configurées pour tous les participants du réseau : serveurs de stockage, serveurs VirtualBox et commutateurs. Notez que les trames Jumbo ne sont pas normalisées et que par conséquent, un risque d'incompatibilité existe.

Oracle VDI, en association avec VirtualBox, utilise la fonctionnalité des volumes sparse de ZFS, qui lui permet d'allouer plus d'espace disque aux volumes que l'espace physiquement disponible, tant que les données réellement écrites ne dépassent pas la capacité du stockage. Cette fonctionnalité, associée au fait que les bureaux clonés réutilisent les données inchangées de leurs modèles, permet une exploitation très performante de l'espace disque disponible. Par conséquent, le calcul de l'espace disque ci-dessous constitue un des pires scénarios possibles, qui suppose que tous les volumes sont entièrement utilisés par des données qui diffèrent du modèle.

  • Nombre de disques = nombre d'utilisateurs * E/S utilisateur par seconde * (rapport de lecture * pénalité de lecture + rapport d'écriture * pénalité d'écriture)/E/S de disque par seconde

    Reportez-vous à Calcul du nombre de disques pour obtenir une explication de cette formule et un exemple.

  • Nombre de coeurs = nombre de disques virtuels utilisés / 200

    Exemple : un stockage x7210 avec 2 CPU et 4 coeurs par CPU peut servir jusqu'à 2 * 4 * 200 = 1 600 disques virtuels.

  • Taille de la mémoire - Il est conseillé d'en posséder le plus possible. La mémoire disponible peut être utilisée comme cache disque, ce qui réduit le temps d'accès.

  • Bande passante réseau moyenne [Mb/s] = nombre de disques virtuels en cours d'utilisation x 0,032 Mb/s

    Exemple : un stockage x7210 avec une interface Gigabit Ethernet peut desservir jusqu'à 1 000 / 0,032 = 31 250 disques virtuels

  • Bande passante réseau de pointe [Mb/s] = nombre de disques virtuels en cours d'utilisation x 40 Mo/s

    Exemple : un stockage x7210 avec une interface Ethernet d'un Gigabit peut servir jusqu'à 1 000 / 40 = 25 disques virtuels

  • Espace disque [Go] = nombre de bureaux x taille du disque virtuel (en Go)

    Exemple : un stockage x7210 avec une capacité de 46 To peut prendre en charge 46 * 1 024 Go / 2 / 8 Go = 2 944 disques de 8 Go dans une configuration RAID 10.

Note

Pour plus d'informations sur l'amélioration des performances des bureaux, reportez-vous aux sections relatives à l'optimisation des images de bureau (Section 5.3, « Création d'images de bureau »).

Calcul du nombre de disques

Le calcul du nombre de disques dépend de plusieurs facteurs, comme suit :

  • E/S par seconde de disque : la capacité des disques en termes d'opérations d'entrée/sortie physiques par seconde (e/s par seconde).

    Le tableau suivant indique les E/S par seconde de disque standard pour diverses vitesses de disque (en révolutions par minute ou RPM) ou types de disque.

    RPM ou type de disque

    E/S par seconde de disque

    SSD

    10,000

    15,000

    175

    10,000

    125

    7,200

    75

    5,400

    50

  • E/S par seconde d'utilisateur : les opérations d'entrée/sortie par seconde générées par les utilisateurs lorsqu'ils utilisent les applications de leur bureau.

    La valeur d'E/S par seconde d'utilisateur dépend en grande partie des applications utilisées et leur mode d'utilisation. Le tableau suivant contient des exemples d'E/S par seconde en fonction de moyennes longues pour différents types d'utilisateur et plates-formes windows.

    Type d'utilisateur Windows

    E/S par seconde utilisateur

    Travailleur de type Tâche Windows 7

    7

    Utilisateur de connaissances Windows 7

    15

    Super utilisateur Windows 7

    25

    Travailleur de type Tâche Windows XP

    5

    Utilisateur de connaissances Windows XP

    10

    Super utilisateur Windows XP

    20

  • Rapport lecture de disque:E/S par seconde d'écriture : Ceci dépend du cache disponible pour le système d'exploitation du bureau et, plus important, pour le stockage.

    Pour le stockage Sun ZFS, plus il y a de cache ARC (Adaptive Replacement Cache) et de cache L2ARC (Second Level Adaptive Replacement Cache) disponible et moins il y a d'E/S par seconde de lecture, ce qui permet plus d'E/S par seconde d'écriture. Vous pouvez optimiser les mouvements de la tête de stockage si vous diminuez les E/S par seconde de lecture. Les E/S par seconde d'écriture sont mises en mémoire cache pour optimiser les mouvements de la tête, mais les demandes de lecture sont perturber cette optimisation. Les rapports lecture:écriture standard s'étendent de 40:60 à 20:80, ou même moins.

  • Pénalité de lecture et écriture : La configuration RAID sélectionnée du stockage possède une pénalité de lecture et écriture, comme indiqué dans le tableau suivant.

    Type RAID

    Pénalité de lecture

    Pénalité d'écriture

    RAID0

    1

    1

    RAID1

    1

    2

    RAID10

    1

    2

    RAID5

    1

    4

    RAID6

    1

    6

Exemple 7.1. Exemple de calcul

Le nombre de disques nécessaires pour 1 000 travailleurs de type Tâche Windows XP utilisant 10 000 disques RPM avec un rapport lecture:écriture de 20:80 dans une baie RAID10 est :

1000 * 5 * (0.2 * 1 + 0.8 * 2) / 125 = 72


7.4.2. A propos des caches de stockage ZFS

Cette section présente brièvement la structure du cache et les performances de ZFS et les correspondances avec le matériel d'un dispositif de stockage ZFS Sun.

Arrière-plan

Le système de fichiers Zettabyte (ZFS) est le système de fichiers sous-jacent sur les plates-formes de stockage ZFS Sun prises en charge.

Le cache ARC (Adaptive Replacement Cache) est le cache de lecture ZFS situé dans la mémoire principale (DRAM).

Le second cache L2ARC (Second Level Adaptive Replacement Cache) sert à stocker le contenu du cache de lecture hors de la mémoire principale. Les dispositifs de stockage ZFS Sun utilisent des disques durs SSD optimisés en lecture (également appelés Readzillas) pour le cache L2ARC. Les disques SSD sont plus lents que la mémoire DRAM mais bien plus rapides que les disques durs traditionnels. Le L2ARC autorise un très grand cache, ce qui améliore les performances en lecture.

Le ZIL (ZFS Intent Log) satisfait les exigences POSIX en matière d'écriture synchrone et de récupération après blocage. Il n'est pas utilisé pour les écritures asynchrones. Les appels au système ZFS sont enregistrés dans un journal par le ZIL et contiennent suffisamment d'informations pour une réexécution en cas de blocage d'un système. Les dispositifs de stockage ZFS Sun utilisent des disques durs SSD optimisés en écriture (également appelés Writezillas ou Logzillas) pour le journal ZIL. Lorsque les Logzillas ne sont pas disponibles, les disques durs traditionnels sont utilisés.

Le cache en écriture sert à stocker les données dans la mémoire DRAM volatile (sans batterie de secours) pour accélérer les écritures. Il n'existe aucun appel au système consigné dans le journal ZIL si le cache d'écriture est activé sur un dispositif de stockage ZFS Sun.

Considérations relatives aux performances

Pour améliorer les performances, redimensionnez le cache de lecture de manière à stocker autant de données que possible. Maximisez d'abord l'utilisation du cache ARC (DRAM), puis ajoutez le cache L2ARC (disques Readzillas).

Oracle VDI active le cache d'écriture par défaut pour chaque volume iSCSI utilisé par Oracle VDI. Cette configuration est très rapide et n'utilise pas les disques Logzillas, puisque le ZIL n'est pas utilisé. Sans le journal ZIL, les données courent un risque si un dispositif de stockage ZFS redémarre ou subit une perte d'alimentation pendant que les bureaux sont actifs. Le système ZFS lui-même n'est toutefois pas endommagé.

Pour réduire les risques de perte de données, désactivez le cache en écriture dans Oracle VDI. Sans les disques Logzillas, le ZIL est soutenu par les disques durs traditionnels disponibles et les performances baissent de façon notable. Utilisez des disques Logzillas pour accélérer le ZIL. Si vous utilisez deux ou quatre disques Logzillas, servez-vous du profil 'entrelacé' pour améliorer encore davantage les performances.

Pour désactiver le cache en écriture de la mémoire, sélectionnez un stockage dans Oracle VDI Manager, cliquez sur Modifier pour ouvrir l'Assistant Modifier le stockage et désactivez la case à cocher Cache. Le changement s'appliquera aux bureaux récemment créés pour les Oracle VM VirtualBox et aux bureaux récemment démarrés pour les plates-formes de virtualisation Microsoft Hyper-V.

7.4.3. Gestion du journal ZIL sur les plates-formes Oracle Solaris

Sur les plates-formes de stockage Oracle Solaris 10 10/09 (et versions ultérieures), vous pouvez accroître les performances sur le stockage en désactivant le journal ZIL (ZFS Intent Log). Toutefois, il est important de comprendre que les gains de performances se font aux dépens de l'E/S de disque synchrone et de l'intégrité des données en cas de défaillance de stockage.

Gestion du journal ZIL - Oracle Solaris 10 9/10 (mise à jour 9) et versions antérieures

Sur les plates-formes Oracle Solaris 10 9/10 (mise à jour 9) et versions antérieures, vous pouvez désactiver le journal ZIL temporairement ou définitivement.

Si vous désactivez le journal ZIL de façon temporaire, il est de nouveau activé au redémarrage du système. Si vous désactivez le journal ZIL de façon définitive, il reste désactivé après le redémarrage du système. Lorsque vous modifiez le paramètre ZIL, il est appliqué uniquement à un pool ZFS lorsque celui-ci est monté. Si le journal ZIL est désactivé, le pool ZFS doit être créé, monté ou importé une fois le paramètre modifié.

Si vous désactivez le paramètre ZIL de manière définitive, le journal ZIL est désactivé pour tous les pools ZFS à la suite d'un redémarrage. Cela peut entraîner un comportement indésirable si le volume root du système est un volume ZFS car il n'y a pas d'E/S de disque synchrone. Dans ce cas, la meilleure solution consiste à utiliser un hôte de stockage avec au moins deux disques. Formatez le premier disque à l'aide du système de fichiers UFS et utilisez ce disque pour le système d'exploitation. Formatez les autres disques à l'aide de ZFS et utilisez ces disques en tant que stockage ZFS. De cette manière, vous pouvez désactiver ZIL sans nuire aux performances du système d'exploitation.

Pour désactiver le journal ZIL temporairement, exécutez la commande suivante en tant que super utilisateur (root) :

# echo zil_disable/W0t1 | mdb -kw

Pour réactiver un journal ZIL désactivé temporairement, exécutez la commande suivante en tant que super utilisateur (root) :

# echo zil_disable/W0t0 | mdb -kw

Pour désactiver le ZIL définitivement, modifiez le /etc/system en tant que super utilisateur (root) et ajoutez la ligne suivante.

set zfs:zil_disable=1

Gestion du journal ZIL - Oracle Solaris 10 8/11 (mise à jour 10) et versions ultérieures

A partir d'Oracle Solaris 10 8/11 (mise à jour 10), les étapes de désactivation du ZIL ont changé. Le ZIL est configuré en tant que propriété ZFS au sein d'un jeu de données. Cela signifie que différents jeux de données ZIL peuvent avoir différents paramètres ZIL et que vous pouvez donc désactiver le ZIL pour un pool de stockage sans affecter le volume ZFS du système d'exploitation.

Pour désactiver le journal ZIL, exécutez la commande suivante en tant que super utilisateur (root) :

# zfs set sync=disabled dataset

La modification prend effet immédiatement et le ZIL reste désactivé au redémarrage.

Pour réactiver le journal ZIL, exécutez la commande suivante en tant que super utilisateur (root) :

# zfs set sync=standard dataset

7.4.4. Paramètres globaux d'Oracle VDI s'appliquant au stockage

Cette section présente des informations sur les paramètres globaux d'Oracle VDI s'appliquant au stockage. Pour répertorier et modifier ces paramètres, utilisez les commandes vda settings-getprops et vda settings-setprops.

Tableau 7.1. Propriétés de réglage du stockage

Paramètre global

Description

storage.max.commands

Nombre de commandes exécutées dans un stockage en parallèle.

La valeur par défaut est 10.

La modification de ce paramètre requiert le redémarrage du service Oracle VDI.

Le paramètre est global pour une installation Oracle VDI et s'applique à un stockage physique en fonction de son adresse IP ou de son nom DNS.

Le nombre d'hôtes Oracle VDI n'affecte pas le nombre maximal d'actions de stockage parallèles exécutées par Oracle VDI dans un stockage physique. Si des messages intermittents vous signalent que le stockage ne répond pas, réduisez la charge du stockage. Cette opération affecte les performances du clonage et du recyclage.

Ce paramètre fonctionne même si le agent de centre Oracle VDI ne fonctionne plus sur l'hôte.

Ce paramètre s'applique uniquement au stockage Sun ZFS utilisé avec les fournisseurs de bureau Oracle VM VirtualBox (sur Oracle Solaris) et Microsoft Hyper-V.

storage.query.size.interval

Délai en secondes pendant lequel le service Oracle VDI interroge le stockage pour connaître son espace disque total et disponible.

La valeur par défaut est de 180 secondes.

Puisqu'il n'existe qu'un seul hôte Oracle VDI effectuant ceci, il n'est généralement pas nécessaire de changer ce paramètre.

Ce paramètre s'applique à tous les types de stockage.

storage.watchdog.interval

Délai en secondes pendant lequel le service Oracle VDI interroge le stockage sur sa disponibilité.

La valeur par défaut est de 30 secondes.

Puisqu'il n'existe qu'un seul hôte Oracle VDI effectuant ceci, il n'est généralement pas nécessaire de changer ce paramètre.

Ce paramètre s'applique à tous les types de stockage.

storage.fast.command.duration

Délai en secondes après lequel le service Oracle VDI considère qu'une commande de stockage rapide a échoué.

La valeur par défaut est de 75 secondes.

La modification de ce paramètre requiert le redémarrage du service Oracle VDI.

La seule fonction Oracle VDI qui utilise cette durée de commande est le chien de garde du stockage qui envoie régulièrement des commandes ping au stockage pour connaître sa disponibilité.

Ce paramètre s'applique uniquement au stockage Sun ZFS utilisé avec les fournisseurs de bureau Oracle VM VirtualBox (sur Oracle Solaris) et Microsoft Hyper-V.

storage.medium.command.duration

Délai en secondes après lequel le service Oracle VDI considère qu'une commande de stockage moyen a échoué.

La valeur par défaut est de 1 800 secondes (30 minutes).

La modification de ce paramètre requiert le redémarrage du service Oracle VDI.

La plupart des commandes de stockage utilisées par Oracle VDI utilisent cette durée de commande.

Ce paramètre s'applique uniquement au stockage Sun ZFS utilisé avec les fournisseurs de bureau Oracle VM VirtualBox (sur Oracle Solaris) et Microsoft Hyper-V.

storage.slow.command.duration

Délai en secondes après lequel le service Oracle VDI considère qu'une commande de stockage lent a échoué.

La valeur par défaut est 10 800 secondes (3 heures).

La modification de ce paramètre requiert le redémarrage du service Oracle VDI.

Seuls quelques scripts de stockage complexes utilisés par Oracle VDI utilisent cette durée de commande. Ces scripts ne sont pas exécutés très souvent, généralement une fois par jour.

Ce paramètre s'applique uniquement au stockage Sun ZFS utilisé avec les fournisseurs de bureau Oracle VM VirtualBox (sur Oracle Solaris) et Microsoft Hyper-V.


Le paramètre le plus souvent modifié est storage.max.commands. Par défaut, les dispositifs de stockage ZFS Sun ne peuvent exécuter que quatre commandes en parallèle, les commandes restantes étant mises en file d'attente. Pour obtenir de meilleures performances, Oracle VDI VDI surcharge intentionnellement la file d'attente du stockage. Si votre stockage devient lent, par exemple à cause d'une charge lourde, l'exécution des commandes mises en file d'attente peut être trop longue, et lorsque ces commandes prennent plus de temps que le délai défini dans les paramètres de durée, le stockage peut être signalé de façon incorrecte comme ne répondant plus. Si cela arrive régulièrement, vous pouvez réduire la valeur du paramètre storage.max.commands, mais cela peut également réduire les performances lorsque le stockage n'est pas très occupé.

Les paramètres d'intervalle n'ont que rarement besoin d'être modifiés, car les commandes sont uniquement exécutées par l'hôte principal d'un Centre Oracle VDI. Réduire la valeur de ces paramètres donne des informations plus à jour sur l'espace disque du stockage et accélère la détection des hôtes de stockage qui ne répondent plus, mais accroît également la charge des hôtes de stockage. Il est préférable de conserver les valeurs par défaut des paramètres.

Les paramètres de durée incluent une bonne marge de sécurité. Ne modifiez les paramètres de durée que si le stockage ne parvient pas à exécuter les commandes dans les délais alloués.

7.4.5. A propos de l'alignement des blocs

Les disques durs classiques ont une taille de bloc de 512 octets. Selon le système d'exploitation invité de la machine virtuelle, un même bloc logique du système de fichiers invité peut utiliser deux blocs dans le stockage. Il s'agit du désalignement des blocs. Figure 7.2 présente un exemple. Il est préférable d'éviter un désalignement des blocs car cela double les E/S du stockage pour accéder à un bloc du système de fichiers du système d'exploitation invité (en supposant la présence d'un modèle d'accès aléatoire complet et l'absence de cache).

Figure 7.2. Exemples de blocs alignés et mal alignés avec le stockage Sun ZFS

Le diagramme présente deux exemples d'un disque virtuel, un correctement aligné et un mal aligné.

Par défaut, Windows XP n'aligne pas correctement les partitions et les blocs sont désalignés. En général, Windows 7 et les versions ultérieures alignent les partitions correctement et les blocs sont alignés.

Vérification de l'alignement des blocs

En général, la partition unique d'un disque commence au niveau du secteur 63 du disque. Pour vérifier l'alignement d'une partition Windows, utilisez la commande suivante :

wmic partition get StartingOffset, Name, Index

Voici un exemple de résultat de cette commande :

Index Name                   StartingOffset 
0     Disk #0, Partition #0  32256

Pour trouver le secteur de départ, divisez la valeur StartingOffset par 512 (la taille de bloc du disque dur) :

32256 ÷ 512 = 63

La taille d'un cluster NTFS est généralement de 4 kilo-octets. Le premier cluster NTFS commence donc au secteur 63 du disque et se termine au secteur 70.

Les types de stockage qui utilisent le système de fichiers ZFS (Zettabyte File System) ont une taille de bloc par défaut de 8 Ko. Dans le stockage, le quatrième bloc ZFS correspond aux secteurs 48 à 63 du disque, et le secteur du cinquième bloc ZFS aux secteurs 64 à 79 du disque.

Les types de stockage qui utilisent OCFS2 (Oracle Cluster File System version 2) ont une taille de bloc par défaut de 4 Ko. Dans le stockage, le huitième bloc OCFS2 correspond aux secteurs 56 à 63 du disque, et le secteur du neuvième bloc OCFS2 aux secteurs 64 à 73 du disque.

Un désalignement se produit sur les deux types de stockage car il faut accéder à plus d'un bloc sur le stockage pour accéder au premier cluster NTFS, comme illustré sur la Figure 7.2.

Pour un alignement correct des blocs, la valeur StartingOffset doit être exactement divisible par 8192 ou 4096, en fonction de la taille de bloc utilisée par le système de fichiers sur le stockage.

Dans l'exemple suivant, les blocs sont désalignés :

wmic partition get StartingOffset, Name, Index
Index Name                   StartingOffset 
0     Disk #0, Partition #0  32256

32556 ÷ 8192 = 3.97412109

32556 ÷ 4096 = 7.94824219

Dans l'exemple suivant, les blocs sont alignés :

wmic partition get StartingOffset, Name, Index
Index Name                   StartingOffset 
0     Disk #0, Partition #0  32768

32768 ÷ 8192 = 4

32768 ÷ 4096 = 8

Correction de l'alignement des blocs

Sous Windows 2003 SP1 et les versions ultérieures, l'utilitaire diskpart.exe fournit une option Align qui permet de spécifier l'alignement des blocs dans les partitions. Pour Windows XP, utilisez un outil de partitionnement de disque tiers tel que parted pour créer des partitions avec un secteur de départ défini. Reportez-vous à l'exemple ci-après. Pour les autres systèmes d'exploitation, consultez leur documentation pour plus d'informations sur l'alignement des partitions.

Exemple de préparation d'un disque pour Windows XP avec un alignement correct des blocs

Dans cet exemple, des utilitaires de disques situés dans un système Linux de démarrage, tels que Knoppix, sont utilisés pour créer une partition de disque dont les blocs sont correctement alignés.

  1. Créez une nouvelle machine virtuelle.

  2. Assignez l'image ISO du système Linux au lecteur de CD/DVD-ROMD de la machine virtuelle.

  3. Démarrez la machine virtuelle.

  4. Ouvrez un Shell de commande et devenez utilisateur root.

  5. Obtenez le nombre total de secteurs du disque.

    Pour obtenir des informations sur le disque, utilisez la commande fdisk -ul.

    Dans l'exemple suivant, le disque a 20 971 520 secteurs :

    # fdisk -ul
    Disk /dev/sda doesn't contain a valid partition table
    
    Disk /dev/sda: 10.7 GB, 10737418240 bytes
    255 heads, 63 sectors/track, 1305 cylinders, total 20971520 sectors
    Units = sectors of 1 * 512 = 512 bytes
    Sector size (logical/physical): 512 bytes / 512 bytes
    I/O size (minimum/optimal): 512 bytes / 512 bytes
    Disk identifier: 0x00000000
  6. Créez une table de partition MS-DOS dans le disque.

    Utilisez la commande parted disk mklabel msdos pour créer la table de partition.

    Dans l'exemple suivant, la table de partition est créée dans le disque /dev/sda :

    # parted /dev/sda mklabel msdos
  7. Créez une nouvelle partition, en spécifiant ses secteurs de départ et de fin.

    Utilisez la commande parted disk mkpartfs primary fat32 64s end-sectors pour créer la partition. end-sector correspond au nombre total de secteurs du disque moins un. Par exemple, si le disque contient 20 971 520 secteurs, end-sector est égal à 20 971 519.

    Selon la version de l'utilitaire parted utilisé, un message d'avertissement peut vous signaler que la partition n'est pas correctement alignée pour des performances optimales. Vous pouvez ignorer cet avertissement sans prendre de risque.

    Dans l'exemple suivant, la table de partition est créée dans le disque /dev/sda :

    # parted /dev/sda mkpartfs primary fat32 64s 20971519s                          
  8. Vérifiez que la partition a bien été créée.

    Utilisez la commande parted disk print pour contrôler la partition.

    Dans l'exemple suivant, les partitions du disque /dev/sda sont vérifiées :

    # parted /dev/sda print
    Model: ATA VBOX HARDDISK (scsi)
    Disk /dev/sda: 10.7GB
    Sector size (logical/physical): 512B/512B
    Partition Table: msdos
    
    Number  Start   End     Size    Type     File system  Flags
     1      32.8kB  10.7GB  10.7GB  primary  fat32        lba
  9. Eteignez la machine virtuelle et annulez l'assignation de l'image ISO.

  10. Assignez l'image ISO de l'installation de Windows XP au lecteur de CD/DVD-ROM de la machine virtuelle.

  11. Démarrez la machine virtuelle et installez Windows XP.

  12. Lorsque vous y êtes invité, sélectionnez la partition nouvellement créée.

  13. (Facultatif) Lorsque vous y êtes invité, remplacez le système de fichiers FAT32 par NTFS.

  14. Terminez l'installation.

  15. Connectez-vous à l'invité Windows XP en tant qu'administrateur.

  16. Vérifiez que la valeur de StartingOffset est 32768.

    wmic partition get StartingOffset, Name, Index
    Index Name                   StartingOffset 
    0     Disk #0, Partition #0  32768